EAPN

Vous êtes ici : Home Pauvreté dans l'UE Les causes de la pauvreté et des inégalités

Les causes de la pauvreté et des inégalités

Le niveau général, élevé et persistant de la pauvreté dans l’UE suggère que la pauvreté est avant tout la conséquence de l’organisation de la société et de l’allocation des ressources.

Certaines personnes s’imaginent que, dans une région aussi riche que l’UE, personne ne peut être pauvre ou que, si c’est le cas, des échecs ou des problèmes personnels sont à blâmer. Cependant, ceci ne reflète en rien la réalité.

Le niveau général, élevé et persistant de la pauvreté dans l’UE suggère que la pauvreté est avant tout la conséquence de l’organisation de la société et de l’allocation des ressources ; que ces ressources soient financières ou d’autre nature, comme l’accès au logement, à la santé et aux services sociaux, à l’éducation et aux autres services économiques, sociaux et culturels.  En effet, l’existence de niveaux très variés de pauvreté d’un Etat  membre à l’autre montre clairement que les diverses manières d’aborder l’allocation des ressources et des opportunités portent des fruits très différents.

Les sociétés les moins inégalitaires d’Europe ont tendance à connaître des niveaux de pauvreté plus bas. Ceci s’explique principalement par le fait que les gouvernements concernés choisissent de donner la priorité à la garantie d’un revenu minimum adéquat et à la sécurisation d’un bon accès aux services, via le système de protection sociale et la garantie de niveaux de salaire minimum.  Souvent, ces gouvernements sont les plus efficaces au niveau de la redistribution de la richesse via la fiscalité et d’autres systèmes. Au bout du compte, cela signifie que les décisions relatives à l’éradication de la pauvreté sont des choix politiques opérés en fonction du type de société que l’on souhaite.

Principaux facteurs

Au niveau des personnes, certains facteurs essentiels semblent augmenter le risque de pauvreté, il s’agit :

  • Du chômage ou de l’occupation d’un emploi de faible qualité (par exemple un emploi mal rémunéré ou précaire), qui limite l’accès à un revenu décent et coupe les personnes de leurs réseaux sociaux;
  • Des faibles niveaux d’éducation et de compétences puisqu’ils limitent l’accès des personnes aux emplois décents qui leur permettraient de s’épanouir et puisqu’ils empêchent les personnes concernées de participer pleinement à la société;
  • De la taille et du type de famille (par exemple, les familles nombreuses et les familles monoparentales) qui augmentent le risque de pauvreté lorsque les familles concernées sont confrontées à des frais plus élevés, à des petits revenus et à la difficulté de décrocher un emploi bien rémunéré;
  • Du genre – les femmes sont généralement davantage menacées par la pauvreté que les hommes car elles sont moins susceptibles d’avoir un emploi rémunéré, qu’elles touchent généralement des plus petites pensions, qu’elles s’occupent davantage des responsabilités de prise en charge et  qu’elles ont souvent accès à des emplois moins bien rémunérés ;
  • Du handicap et de la mauvaise santé puisque ces facteurs restreignent la possibilité d’accéder à l’emploi et augmentent les dépenses quotidiennes;
  • De l’appartenance à une minorité ethnique (Roms) et aux groupes d’immigrants/ de migrants sans papiers, ces catégories souffrant davantage de discrimination et de racisme et ayant, par conséquent, une moindre chance d’accéder à l’emploi ; souvent ces groupes sont forcés de vivre dans des environnements physiques déplorables et accèdent difficilement aux services de base;
  • De la provenance d’une communauté éloignée ou fortement défavorisée où l’accès aux services est médiocre.

Si tous ces facteurs créent des obstacles et des difficultés supplémentaires, ils doivent néanmoins être replacés dans le contexte structurel général, c’est-à-dire la manière dont un pays décide de distribuer la richesse et de traiter les inégalités.